Je n’arrive pas à écrire quoi que ce soit sur ce blog.
C’est mon psy qui pensait (et pense toujours) que c’est l’idée du siècle.
Mais en tant que lectrice confirmée, je sais que pour écrire, il faut avoir quelque chose à raconter. Or, je n’ai rien de drôle, de tragique ou d’incroyable à relater.
Je suppose qu’il m’est même encore plus difficile d’écrire que pour la plupart des blogueurs. Car les gens, je ne les comprends pas. Ou du moins, je les analyse, comme un météorologue avec le temps. J’utilise le stock de toutes les données que j’ai récupérées avec la pratique pour prévoir les réactions des gens, puis y répondre. Mais c’est presque mécanique.
Mes pairs ne m’ont jamais vraiment intéressée. Pendant toute ma scolarité, je ne comprenais pas leur besoin de crier, de courir, de taper dans un ballon. Je préférais déjà mes livres. Et même si je comprends bien que le monde est créé par et pour des “humains”, je ne m’y sens pas trop à ma place. Y compris dans mes livres parfois.
Or, qui a envie de lire les écrits d’une quasi autiste ?
Moi même, je m’emmerderais. Alors pourquoi vous faire subir cela ?
Ma vie a beaucoup changé ces derniers mois. J’ai fini par provoquer le chef d’équipe avec qui j’avais une liaison. Je lui ai montré que je ne ressentais rien pour lui, et qu’au contraire, il me dégoûtait. Je lui ai parlé de tous les hommes avec qui j’avais couché quand il me pensait fidèle et épanouie. Il a pleuré. J’attendais juste qu’il franchisse le seuil. Je me demande si j’aurais eu plus de sympathie s’il avait été un personnage fictif. Probablement pas. Il n’aurait jamais pu faire personnage principal. Il aurait juste été bon à être en second plan. Le frère d’un protagoniste, un commerçant, un pantin. Vous savez, ces personnages-décor dont on connaît le nom parce qu’il a été répété plusieurs fois, mais qui n’intervient que lorsque l’on n’a pas le choix.
Il m’a giflée.
Je me demandais combien de temps je devais le supporter à faire son cinéma d’amant qui perd sa seule raison de vivre. Si j’étais si exceptionnelle que cela, je le saurais. Je n’ai d’ailleurs jamais su ce qu’il me trouvait.
Je crois que c’est un des problème de l’homme d’aujourd’hui. Il veut faire le coq, le grand, comme dans son image de la société d’hier. Il veut coucher et sait que de toute façon, c’est seulement une question de cul.
Sauf que l’homme d’aujourd’hui n’en est plus capable (l’a-t-il déjà été ?). L’homme d’aujourd’hui s’attache à son plan cul, s’il se passe bien. C’est lui qui envoie quelques textos dans les heures ou jours qui suivent. J’en viens à penser que l’homme d’aujourd’hui n’a plus confiance en lui. Qu’il ne s’aime pas. Qu’il veut qu’on lui dise qu’il est un super coup, et si c’est le cas, il ne comprend pas que l’on ne tombe pas amoureuse de lui.
Lorsque c’est le cas, l’homme le gère plutôt bien. Gonflé d’orgueil et de fierté, il fait comprendre qu’il ne cherche rien de sérieux. Mais s’il a l’impression que la femme n’est pas en attente, alors il devient stupide et veut tout faire pour qu’elle succombe. C’est ainsi qu’il s’emprisonne dans le pathétisme et se montre sous des jours qu’aucune femme (bon, d’accord, je vais préciser : qu’aucune femme intelligente, saine et équilibrée) n’accepterait.
Le voir pleurer, se tortiller de douleur est selon moi un bon exemple de pathétisme. Comme s’il ne s’en remettrait jamais.
Bref, cela n’a pas aidé au niveau boulot.
Litote.
C’est devenu cauchemardesque, et au mois de novembre, je posais ma démission.
Sandra, ma colocataire s’était mise en tête de m’apprendre à être une vraie femme, toutes options, série limitée. Elle voulait tout m’apprendre, j’étais sa poupée. Alors je l’ai mise dehors, avec 2 semaines de préavis. C’était sûrement odieux de ma part, mais je ne pouvais plus la supporter. Mon médecin m’a dit que j’avais eu un “nervous breakdown”, et que cela arrivait. Une surchauffe du disque dur au niveau des divers traitements d’informations et calculs.
Financièrement, cela n’a pas rendu ma banquière en transe, et j’ai du lâcher mon appartement, pour revenir en banlieue, chez ma mère.
Et mon psy me dit à nouveau d’écrire ce que je vis, ce que je prends de la vie. Et cela m’ennuie. Ce doit être encore plus ennuyeux à lire. SI je réussis à m’imposer un rythme, je mettrai peut être ce blog en protégé. Tant qu’il est en friche et qu’il n’y a que 5 billets, cela serait prétentieux de vouloir le cacher comme si il pouvait avoir la moindre importance.