Ce n’est pas parce que je suis insensible à la plupart de ce qui m’entoure que je ne suis pas stimulée par les codes de la société.
Moi aussi, parfois, je me vois en couple, fidèle, épanouissant, et nous sommes dans le canapé, en train de lire des livres sur la géopolitique mondiale.
Et pourtant, je suis toujours confrontée aux rituels de rencontre qui ne me satisfont pas.
Je vis et dévie au rythme d’illusions. Pendant quelques semaines, je m’imagine superbe et rayonnante, et je multiplie les rencontres, j’intéresse les gens, et je me fais payer des verres dans les bars. Ils sont sous le charme, je le vois bien. Mais ils ne voient que l’image polie et travaillée que je décide de donner. Des années de pratique et je suis celle qu’ils ont toujours attendue. Sophistiquée, drôle, et cultivée, ou parfois timide et douce. Je comprends ce qu’ils attendent et je me fonds dans ce rôle. Puis, au bout de quelques rendez vous, de quelques semaines, je me rends compte de l’incompatibilité inéluctable. Je me sens confortable, alors je redeviens qui je suis, et toujours perdus sous cette première impression, ils ne s’adaptent pas et subissent mes changements d’humeur sans broncher. Une faiblesse qui m’ennuie et me rend colère. Et je deviens odieuse. Et je me referme. Ils ne comprendront jamais.
Je ne comprendrai jamais.
Alors je me retranche sur moi-même. Je me dis que je suis sotte, et que ce modèle n’est pas fait pour moi. Je finirai vieille fille – mais sans chats, il ne faut pas déconner non plus.
Dans ces phases, je n’ai plus envie de parler à personne. Mon portable est éteint 80% du temps, et je reste chez moi, en regardant parfois les gens vivre dans l’immeuble en face, en fumant mes cigarettes à la fenêtre de la cuisine. Et je me demande pourquoi eux et pas moi.
Je suis pourtant plus intelligente que la plupart d’entre eux. Et ce n’est pas pour me vanter, c’est reconnu scientifiquement. Alors pourquoi pas moi.
Puis, lassée de cette phase de repli, je décide de vivre ma sexualité sans relations.
J’entends de plus en plus de filles se plaindre du fait qu’elles n’arrivent pas à trouver de plans cul réguliers. Ils les rappellent, s’accrochent, et elles s’énervent. “Les hommes n’arrivent pas à assumer”. Mais mes chéries, vous n’arrivez pas non plus à assumer. Dans plan q régulier, il y a “régulier”. Et si vous n’acceptez pas qu’ils vous rappellent, c’est parce que vous voulez uniquement des coups d’un soir. Que vous n’assumez pas quelque chose. Parce qu’il est plus facile de faire comme si rien n’était arrivé quand vous ne le revoyez pas.
Moi-même, c’est mon cas. Je les trouve souvent lourds et stupides mes plans q. Mais le temps de quelques heures, faible, j’accepte de me laisser aller à du sexe pur et dur (tant qu’à faire) et, parce que finalement, ça ne m’épanouit pas, je préfère prétendre que ce n’était qu’un demi-songe.
Alors, sur internet, je balaie les profils de coeurs à prendre, en faisant l’inventaire de tous leurs défauts, et des raisons pour laquelle avec chacun d’entre eux ça ne marchera pas. Jusqu’à cette photo, ou cette description. Ce petit truc qui me fait rêver seule devant mon écran d’une rencontre digne d’un film de Meg Ryan, où tout n’est que magie et destinée.
Parfois, dans un élan de stupidité, j’ose envoyer un “bonjour”. Et j’imagine les réponses qui me feraient frémir, qui me promettraient un égal si impossible à trouver. Je me projette autour du premier verre. Je suis moi-même et il est conquis, et voit clair dans mes manipulations verbales, et se défend, m’attaque aussi, et le jeu prend, une partie d’échecs où le but n’est pas de gagner, mais de faire durer la partie aussi longtemps que possible.
Pendant les quelques heures où je n’ai pas la réponse, oui, je le sais, c’est lui, et je sens déjà en moi les premiers émois, j’ai envie de lui crier que je suis la bonne. Je vois déjà notre photo dans un cadre sur le vaisselier chez ma mère, et on va bien ensemble sur cette photo. Et la réponse arrive, décevante d’originalité ou d’intelligence, et je lui en veux mortellement de ne pas avoir su qui était en face et de se contenter de quelque chose d’aussi sot. Je ne sais alors si je dois accepter la réalité ou bien rester dans cet état imaginaire où il est clair que malgré les engueulades on aura passé de bons moments à backpacker en Inde.
Je suis clairement débile. Je m’en veux. Je passe mon temps à me moquer violemment de toutes ces connes qui rêvent du prince charmant, et malgré tout, je ne vaux pas mieux. Une ou deux fois par mois, le même emportement digne d’une Eponyne qui chante “On my Own”, et je me referme à nouveau dans ma coquille de semi autiste trop intelligente pour être jamais comprise.
Guillaume Musso sort de ce blog
Je n’ai jamais lu Guillaume Musso. Si ce qu’il écrit est aussi bon que ce que je fais, alors effectivement, son métier “d’écrivain” est plus que galvaudé.
Je suis tombé sur ce blog en tapant “pourquoi les gens me saoulent” dans google. J’ai lu plusieurs posts, me suis senti obligé de commenter. Je te trouve exigeante avec les hommes alors que tu n’es toi-même pas la femme parfaite, et puis si tu ne côtoies que des pauvres types ce n’est pas une raison pour croire qu’ils sont tous comme ça.
C’est vrai que les hommes d’aujourd’hui sont des taffioles, mais être un homme, un vrai, est quelque chose de plutôt difficile et assez inaccessible pour la plupart des hommes depuis la nuit des temps. Malgré ce qu’on peut croire ce n’est pas plus facile pour un homme “d’avoir des couilles”. Voilà qui soulage ma misogynie.
Enfin soit toi-même et tu rencontreras les personnes qui te correspondent, et adieu les imbéciles (d’ailleurs pourquoi tu couches avec eux ?). Ouais je sais c’est bateau et je suis très mal placé pour donner ce conseil sinon je ne serais pas tombé sur ce blog, mais ça n’en est pas moins vrai.
Bon réellement ce n’est pas parce que tu lis beaucoup et que tu as un certain nombre pour QI que ça fait de toi quelqu’un de supérieur aux autres. C’est dommage que tu sois aussi intolérante (envers les gens en général à la vue de certains posts), les femmes qui ne vivent pas à travers leur homme étant plutôt rare, à moins que ce ne soit ce que tu recherches, un homme à travers lequel tu pourrais te valoriser.
Bon voilà un commentaire d’un connard de plus que tu vas pouvoir supprimer, non sans critiquer la forme auparavant.
PS : le monsieur muscle voulait peut-être seulement te faire plaisir en allant voir la comédie romantique.
Bonjour Régis, non bien sûr, tu n’as pas tort, je généralise, je généralise. Je devrais être au-dessus de cela aussi, mais c’est ce que nous faisons tous, non ?
Nous croyons capter quelque chose et nous avons besoin d’en faire une vérité générale parce qu’elle nous permet de nous sentir moins désarmé face à un monde complexe.
“ce que tu recherches, un homme à travers lequel tu pourrais te valoriser” j’ai beaucoup ri à cette partie de ton commentaire, merci !
Alors, oui, on me serine depuis mon enfance que je ne suis pas meilleure, que je ne vaux pas mieux que les autres. Mais dans mon système de valeur (on en a tous un), quelqu’un qui a vu et aimé Camping ou Bienvenue chez les ch’tis vaut moins que quelqu’un qui a déjà pleuré en lisant un livre. Et j’ai beau comprendre ce que tu me dis, je pense que nous procédons tous de la même façon, de façon plus ou moins hypocrite. Alors j’ai conscience d’être une grosse conne aux yeux de beaucoup, mais je préfère le vivre pleinement plutôt que de faire des concessions sociétales. C’est comme cela que je suis moi.
Donc je ne vais pas supprimer ton commentaire, ni même me moquer. Je comprends ta démarche et ton opinion, même si ce blog me sert aussi à me lâcher plus que dans la vie quotidienne. Mon but n’est pas de blesser.
Parce qu’on ne peut pas aimer Camping et/ou les ch’tis, et avoir déjà pleurer en lisant un livre ? (bon y a aimer et aimer…)
Même là dans ton commentaire mesuré, je te trouves encore trop catégorique.
Mais bon c’est peut-être mieux ainsi plutôt que de respecter et à la fois haïr les autres.
Camping et les ch’tis étaient un exemple. tu vas me faire croire qu’il n’y a pas des goûts ou des qualités que tu trouves “pfffff vraiment, quel(le) naze/idiot(e) !”.
Peut être es-tu L’exception à tout ce que j’ai pu observer. Ou peut être que je passe tout à travers mon prisme intolérant (c’est vrai).
D’autre part, tu l’as peut être lu, mais j’ai passé une partie de mon enfance (et toujours, mais de façon bien moindre) dans une catégorie d’autisme. Je ne comprenais pas les rapports sociaux. J’ai toujours un peu de mal, et ce sont les livres qui m’ont permis d’identifier des mécanismes qui n’avaient pas le moindre sens pour moi. Je ne me cherche pas des excuses, mais je ne veux pas être seulement réduite à quelqu’un qui hait les autres.
Ah non j’avais pas lu pour l’autisme dans ton enfance. Je croyais que c’était une façon de te voir dans tes derniers messages.
Sinon non je ne suis pas une exception, d’ailleurs dans mes messages certaines phrases parlent de moi (notamment quand je parle de respecter et haïr les autres).
En fait je me sers de tes messages pour réfléchir sur moi-même.