Il est 5h30 du matin et je suis debout, comme une idiote. Je n’arrive pas à dormir, évidemment. Je me suis levée pour ne plus penser. Allumer la cafetière, éteindre à l’avance le réveil, chercher mon café, ne pas laver la tasse, et m’asseoir devant le clavier. Pour dire quoi ? Rien de très intéressant, certainement. Ou tout déballer. L’être humain me tue. Comme il m’a donné la naissance, il me détruit. J’ai des pensées suicidaires, ou envie juste de partir loin de tout ce monde, de vivre en ermite, juste moi et mes livres.
Pour l’instant, la seule chose qui me retient de ne pas avoir pris un sac plastique et un rouleau de scotch, ce sont ces 800€ que je dois à mes grands-parents, et la certitude que si je me foutais en l’air sans de longues explications, plusieurs personnes se sentiraient coupables et risqueraient de le vivre très mal. Qui peut supporter une mort sur sa conscience ? C’est un peu leur problème surement; je pourrais plaider que s’ils se sentent coupables, c’est qu’ils ont des raisons. Mais je ne sais pas si tu (je vais te tutoyer, lecteur, ce sera plus personnel) seras d’accord avec moi, mais je trouve que notre société devient de plus en plus le prétexte à l’auto-apitoiement et à se décharger de toute responsabilité, et à la fois, de se blâmer pour le plus de choses possibles (mais pas les bonnes). Pour ces tendances je vais blâmer notre société
1. Des tendances à l’auto-apitoiement
Cela a sûrement toujours existé. Un peu comme l’amour, la haine, le rêve, l’espoir ou l’envie. L’auto-apitoiement, c’est de se répéter à quel point on est malheureux, à quel point on souffre.
Je vais essayer d’éviter cet écueil, d’ailleurs, car avec ce que je voudrais écrire, le risque est que mes pages ne soient qu’une longue et chiante complainte.
Le problème, c’est que l’être humain est un animal social, et que souffrir, c’est quand même très individuel et personnel. Alors l’humain aime à se plaindre devant un public, ce qui lui offre de l’attention, et un sentiment d’affection et d’appartenance dans un groupe. Nous sommes tous pareils, nous crions pour avoir l’attention de nos pairs, pour ne pas être personne au milieu d’une foule de plusieurs milliards d’individus.
Jusqu’à présent, je sais, je te raconte un peu des gros lieux communs tout nuls sur le monde blablabla, mais c’est ma façon de me mettre en confiance avant de te parler de moi.
Yes, du nouveau !