2. All the Social Networks’ a stage
J’ai toutefois cette impression que les réseaux sociaux hypertrophient cette tendance. Avant, on se plaignait chez soi quand les gens passaient nous voir, au boulot, auprès des amis, mais maintenant, un simple « j’ai envie de pleurer » sur facebook, et vous avez dans les minutes qui suivent des messages de réconfort, et toute l’attention du monde. Quel outil fantastique. Si je voulais faire mon apprenti-mauvaise-sociologue, je dirais que sur les 213 amis non-représentatifs de milieux et de groupes sociaux, c’est une tendance à majorité féminine, mais qui gagne du terrain chez les hommes également. Je dirai aussi qu’elle touche toutes les différentes catégories d’âge observées (adolescents, étudiants, jeunes actifs et retraités (je n’ai pas d’amie ménagère de moins de 50 ans, hélas)). Pire, comme il s’agit d’un message indirect, c’est le terrain propice aux manipulations (je peux témoigner d’expérience). N’y a-t-il que mes amis qui laissent des messages cryptiques sur leurs murs ?
On a de moins en moins droit à un informatif « je viens de me faire licencier, les prochains mois seront difficiles », mais à la place on verra plutôt quelque chose d’incomplet du genre « tout mon monde s’écroule, je me sens trop mal », bien plus vendeur en terme de réponses et, éventuellement, de coups de fils. De quoi satisfaire pleinement la personne en mal de reconnaissance.
3. « Ma vie c’est de la merde, je vais m’allonger dedans, tiens. »
J’ai toujours détesté ce trait de caractère. C’est grâce à ma grand-mère qui pratique dévotion cette activité de se lamenter sur sa vie. Bizarrement, c’est aussi ces personnes là que je vois le moins changer. En une trentaine d’années, ma grand-mère est toujours cette vieille chialeuse qui se plaint de tout, mais ne fait jamais rien. Ma colocataire est toujours en train de se répéter qu’elle est une merde, qu’elle est ceci, qu’elle est cela, qu’elle n’est pas belle, qu’elle n’est pas intelligente, qu’elle n’est pas intéressante, qu’elle est grosse et ne peut pas se mettre en maillot de bain… Mais à quel moment se sortent-elles les doigts du cul (oui, je suis vulgaire) ? Tu ne te trouves pas belle, mais tu n’as sorti que 2 fois ton lisseur à cheveux qui te vaut tant de compliments, le soir tu te goinfres de fast-food, de glaces, de gâteaux, tes lectures se limitent à des romans avec des lesbiennes, des vampires et des magiciens. Alors en effet, je n’en ai rien à faire à la base, et tu mènes ta vie comme tu l’entends, mais à quel moment arrêteras-tu de complexer et de te sentir malheureuse, si, au fond, tu ne fais aucun effort. Accepte-toi ou change. La troisième voie, celle que j’associe à de la paresse, te rendra-t-elle heureuse ?
Là, déjà, tu commences à me détester, lecteur. Tu commences à me trouver prétentieuse et dégueulasse. Tu as bien raison. Ou peut être pas. Je t’expliquerai plus tard pourquoi je pense ainsi. Tu m’opposeras que c’est plus facile à dire qu’à faire, que le surpoids, c’est aussi une maladie, que c’est génétique, blablabla.
Je sais, je suis d’accord avec toi. Mais il y a toujours des efforts possibles. Là encore blâmons la société (elle a bon dos après tout). En effet, noyés par ces images d’amour inconditionnel, nous attendons d’être aimés pour qui nous sommes, sans avoir à changer. Après tout, chaque chaussure a son pied, alors pourquoi se faire chier à vivre mieux, quand on est persuadé que quelqu’un viendra et fera tout le boulot de nous rendre heureux à notre place ?
Tu as oublié une voie possible : péter la gueule à la société. Bon d’accord c’est pas le genre de chose à laquelle va penser une femme.
Au risque de paraître lourd, tu me plais bien Célestine.
“péter la gueule à la société” ? tu es sûr que ce n’est pas un peu trop ton côté adolescent rebelle qui s’exprime ? J’ai une tête à écouter du Simple Plan en fumant des pétards ?
L’agressivité permet aussi de se sortir les doigts du cul. Même si aujourd’hui j’ai changé de voie, plus spirituelle, mais je me suis peut-être trop détaché du monde. De toute façon c’est temporaire, c’est depuis que mon coloc vis chez sa copine, pour l’instant on en a pas parlé mais va bien falloir qu’on règle ça et que je déménage. En tout cas j’ai bien profité de cette solitude retrouvée.
Les pétards c’est pour ceux qui n’aiment pas la solitude, donc non ce n’est pas ton cas, t’en a pas besoin.